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Attaque à la préfecture de Paris Des collègues du tueur présumé auraient alerté sur des signes de radicalisation

Jane Jane Temps de lecture 3 minutes
Attaque à la préfecture de Paris  Des collègues du tueur présumé auraient alerté sur des signes de radicalisation
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ENQUETE Selon un rapport du service de la préfecture de Paris, plusieurs collègues affirment avoir observé « des signes de radicalisation, et déclarent en avoir alerté leur hiérarchie »

Un policier en faction devant la préfecture de police de Paris après l'attaque au couteau le 3 octobre 2019. Un policier en faction devant la préfecture de police de Paris après l'attaque au couteau le 3 octobre 2019. — Michel Euler/AP/SIPA

Des signaux de radicalisation en 2015 restés lettre morte et « aucun problème » depuis. Un rapport du service de la préfecture de Paris où travaillait Mickaël Harpon met en lumière le profil complexe de cet employé « intégré » qui a poignardé à mort quatre fonctionnaires jeudi.

Selon ce document de quatre pages mis en ligne ce dimanche par France Inter, « plusieurs collègues de l’intéressé ont ainsi révélé avoir noté dans le passé, chez l'intéressé, des signes de radicalisation, et déclarent en avoir alerté leur hiérarchie ou pris conseil auprès de collègues spécialistes de ces problématiques ».

« C’est bien fait », aurait-il déclaré sur l’attentat à Charlie Hebdo

Selon la patronne de la Direction du renseignement de la PP (DRPP), Françoise Bilancini, qui signe ce courrier, ces éléments n’ont toutefois été portés à sa connaissance qu’après l’attaque meurtrière de jeudi, « dans le cadre de discussions informelles ».

« C’est bien fait », aurait ainsi déclaré Mickaël Harpon en 2015 à propos de l’attentat de Charlie Hebdo, indique le rapport de quatre pages daté de samedi et envoyé au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

Ces propos, ainsi que certains changements de comportement de Mickaël Harpon avec les femmes, ont fait l’objet d’une discussion informelle entre deux fonctionnaires et un major de police chargé des signalements de la radicalisation, en juillet 2015. Les deux agents n’ont pas formalisé leur signalement.

« Aucun souci avec M. Harpon »

Fin août, début septembre 2015, leur chef de section, un commandant de police, est revenu vers le major. Il lui aurait déclaré qu « il n’y avait pas de sujet avec Mickaël Harpon et qu’il gérait à son niveau ».

Les agents chargés des signalements de la radicalisation auraient régulièrement pris des nouvelles du comportement de l’informaticien auprès de ses collègues et de son chef pour qui il n’y avait « aucun souci avec M. Harpon ». Les deux fonctionnaires ont affirmé d’ailleurs n’avoir à leur niveau, rien « détecté de suspect » dans l’attitude du futur tueur, qui ne manifestait « aucune animosité avec les femmes ».

Ni les uns ni les autres n’ont formalisé par écrit, auprès de la hiérarchie, les faits rapportés. Françoise Bilancini précise que Mickaël Harpon était connu dans l’ensemble de la direction pour y effectuer de la maintenance informatique sans qu'« aucun incident » ne soit signalé.

Administrativement, Mickaël Harpon était un informaticien « bien noté ». En février 2019, il a fait part de certaines « frustrations » liées à son handicap, des troubles auditifs « lourds », qui semblait freiner sa carrière. Il a obtenu satisfaction sur certaines de ses demandes mais pas toutes. « Si une difficulté particulière était apparue, depuis 2015, avec le comportement de Mickaël Harpon, je ne doute pas du fait qu’elle aurait été portée facilement à la connaissance de la hiérarchie pour prise en compte. Il n’en a rien été », conclut Françoise Bilancini.

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Édité par Jane
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