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Coupe du monde de rugby Revenchard et en confiance... Le vrai Alivereti Raka a fait son retour face aux Tonga

Jane Jane Temps de lecture 4 minutes
Coupe du monde de rugby Revenchard et en confiance... Le vrai Alivereti Raka a fait son retour face aux Tonga
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Will The Real Alivereti please stand up? Will The Real Alivereti please stand up? — Nicolas Datiche/SIPA

De notre envoyé spécial au Japon,

A qui s’intéresserait aux coulisses de nos papiers d’après-match, sachez qu’on comptait initialement revenir sur la lassante redondance des matchs du XV de France depuis le début de cette Coupe du monde. Redondance, répétition, ça sonnait faux. Nous, on n’aime pas raconter 40 fois la même chose. France-Tonga, c’était France-USA contre des mecs en rouge et blanc, point. En revanche il est un bonhomme dont la performance a radicalement changé entre mercredi et dimanche, un ailier sur qui tout le monde est tombé – nous les premiers – et à qui justice doit être rendue : Alivereti Raka, clermontois et avant tout homme du match. Pour ceux qui auraient loupé son récital, en gros ça donne :

  • Une passe pour le premier essai de Vakatawa
  • Un essai
  • 142 mètres parcourus ballon en main

Le sélectionneur tonguien rend hommage à Raka

Certes, aujourd’hui encore il a encore fait preuve d’imprécisions – trois turnovers et une pénalité concédée – mais rien de comparable avec ce que Jacques Brunel qualifiait de « performance mitigée » pour parler de sa partie contre les Etats-Unis, sorte de gloubi-boulga fait de fautes de mains, de passes ratées et de fautes stupides. Aujourd’hui, n’ayons pas peur de dire les choses, sans Raka, la France n’aurait pas gagné. Les Tonga se mordent les doigts de ne pas avoir anticipé sa performance dominicale. C’était pas faute de savoir que « les ailiers Fidjiens sont extraordinaires », dixit le sélectionneur Toutai Kefu, renvoyant le bourreau des Tonguiens à ses origines. « Nous savions qu’il était une menace mais nous aurions dû plus le surveiller, être plus connectés en défense. »

Le plus savoureux dans la rédemption de l’ailier clermontois, c’est qu’elle a le goût des belles années. Pendant l’entre-deux matchs, le haut comité rugbystique de 20 Minutes se voulait fataliste, non pas quant à la capacité du joueur à retrouver un niveau de jeu international, mais sur celle de pouvoir réitérer ses plus belles chevauchées. En gros, depuis qu’il s’est fait les croisés fin 2017, Raka donne l’impression d’avoir perdu en explosivité, en puissance. C’était toujours sacrément costaud, brutal, mais pas aussi aérien qu’avant, vidéos à l’appui. Et vlan, voilà qu’un ou deux jours plus tard, le bougre fout notre théorie en l’air, principalement sur cette remontée de terrain lunaire à la demi-heure de jeu où il emporte derrière lui la moitié des Îles Tonga. Faut-il y voir la marque d’un sursaut d’orgueil ? Sofiane Guitoune, en zone mixte :

« Comme tout sportif de haut niveau [il était revanchard] quand tu fais une contre-performance la fois d’après tu as envie de te rattraper et c’est ce qu’il a fait. »

Damian Penaud lui, en jubilerait presque pour son pote de l’ASM. Attention, média-bashing : « tout le monde l’a enterré cette semaine parce que vous êtes habitués à le voir traverser le terrain, et quand il le traverse pas vous le critiquez, c’est malheureux d’en arriver là. Personne ne doute des capacités et du talent de Raka. Il l’a encore prouvé ce soir, il a fait un grand match et a fortement contribué à la victoire. »

« Tout le monde dit ‘’Raka est naturalisé’’, c’est pas facile »

On peut aussi y voir la marque d’un joueur plus confiant d’un garçon en mal de repères avec ce XV de France qui ne demandait qu’un peu de temps de jeu et de temps tout court pour se mettre en route. Jacques Brunel le soulignait avant la rencontre face au Tonga, « Alivereti a montré de belles choses ces dernières semaines à l’entraînement », et le sélectionneur a vu juste en pressentant que le fait de rejouer « lui ferait du bien, sur le fait qu’il a la confiance du staff. C’est la meilleure chose qu’on puisse faire pour lui. » Raka, brute épaisse entre quatre lignes, gars sympa, sensible en dehors. Guitoune :

« Raka c’est un mec adorable. Il peut paraître timide mais c’est un coquin, il est chambreur, il est rigolo, il balance des blagues. C’est pas facile, tout le monde le regarde, tout le monde dit ‘’Raka il est naturalisé’’, c’est pas facile mais c’est un phénomène. Nous, on va vers lui, on essaye de le rassurer. » « On a fait le nécessaire pour qu’il puisse se sentir bien avant de démarrer le match », dira Penaud. Bien leur en aura pris. Avec toutes ses qualités et défauts, Raka est revenu dans le match contre Huget pour la deuxième place d’ailier – Penaud est intouchable – et met Jacques Brunel face à un dilemme pour la suite de la compétition alors qu’il était bon pour la casse quatre jours plus tôt. Tout va très vite dans le rugby, surtout avec Alivereti.

Jane
Édité par Jane
Blogger, fashionista, Ancienne responsable e-commerce!