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Une part dans un vignoble, un investissement pas si vain

Jane Jane Temps de lecture 4 minutes
Une part dans un vignoble, un investissement pas si vain
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Un GFV dépendra beaucoup de la relation que vous établirez avec le viticulteur. Un GFV dépendra beaucoup de la relation que vous établirez avec le viticulteur. — nd3000 / Getty Images
  • Un groupement foncier viticole possède en copropriété un vignoble.
  • La contrepartie de l'investissement est versée en bouteilles de vin.
  • Les risques sont limités, le vin se conservant bien.

Pas assez de côté pour acheter dans l’immobilier, trop novice pour se lancer en bourse… Investir donne envie mais ne paraît pas toujours accessible. Mais tous les placements ne sont pas forcément coûteux ou risqués, ni même axés sur la rentabilité absolue. Peu connu du grand public et à la portée des petites bourses des néophytes, le groupement foncier viticole (GFV) remplit ces trois critères. Cette forme de société civile immobilière (SCI) permet d’ acheter des parts de vignoble en copropriété avec d’autres particuliers. L’exploitation est gérée par la SCI et louée à un vigneron. Selon les organismes et le vignoble, le prix des parts varie. La souscription débute généralement vers les 5.000 € pour les moins chers, mais certains proposent des parts autour de 1.000 €.

Contrepartie en bouteilles

Concernant le retour sur investissement, ceux qui pensent devenir riches avec un GFV peuvent tout de suite enterrer cette idée. Pour la simple et bonne raison que généralement, la contrepartie n’est pas en euros, mais en bouteilles de vin. « On n’est pas sur du spéculatif comme lorsque l’on décide d’acheter, par exemple, des bouteilles grands crus et d’attendre qu’elles prennent de la valeur pour les revendre, compare Romain Corler, animateur du podcast œnophile Terre à boire. Là, on boit le vin, qui est un peu le nôtre parce que l’on possède une partie du domaine. C’est bien plus sympa que de recevoir de l’argent chaque année. C’est un investissement plaisir, mais aussi humain et vertueux car on aide aussi un viticulteur à se développer. »

Pour que le plaisir soit total, mieux vaut choisir un vigneron dont on aime le vin, dont on partage les convictions et dont on apprécie la façon de travailler. L’achat d’une part d’exploitation ne se fait donc pas sur plaquette. « Il faut rencontrer le vigneron, discuter avec lui, car c’est à la fois une vraie relation professionnelle qui se crée, mais parfois aussi amicale, décrypte Denis Carretier, président de la chambre d’agriculture d'Occitanie. Plus vos rapports seront forts, plus vous serez impliqué sur l’exploitation, peu importe le montant que vous avez investi. Vous pouvez être invité à des soirées sur le domaine, participer aux vendanges ou même, parfois, composer votre propre cuvée. »

Question risques, les experts se montrent assez rassurants. « Il y a des avantages fiscaux selon les situations. Les investisseurs n’ont pas trop de responsabilités et ne sont pas soumis aux aléas climatiques. C’est plutôt le vigneron qui absorbe la totalité des risques puisque, quelle que soit la récolte, il doit payer son loyer », assure Romain Corler. « Et puis, on est sur une culture pérenne : le vin, ça ne périt pas, ça se garde et on peut le stocker. Les tomates et les courgettes, quand c’est mûr, c’est mûr ! » complète en rigolant Denis Carretier.

Un investissement à long terme

Pour autant, il s’agit d’un investissement de longue durée, puisque les baux s’étendent généralement sur dix à vingt ans. Même s’il est possible de revendre ses parts à un autre particulier, mieux vaut ne pas se tromper dans son choix de domaine. « Il faut se renseigner en amont si on achète une vigne de plaine ou de coteau, s’il s’agit d’une appellation dynamique avec des vignerons qui s’organisent pour la développer, ou encore si vous êtes en adéquation avec les projets futurs du vigneron », suggère le podcasteur. « N’hésitez pas à vous rapprocher de la chambre d’agriculture du département où se trouve le domaine. Leurs services techniques et financiers sont en mesure d’étudier le dossier et d’assurer aux particuliers que l’investissement est judicieux à long terme », conseille de son côté Denis Carretier.

Une fois tous ces aspects pris en compte, l’aventure de l’investissement collectif dans des vignes peut commencer. Et pourquoi pas en famille ou entre amis partageant le même amour (modéré) du vin.

Jane
Édité par Jane
Blogger, fashionista, Ancienne responsable e-commerce!